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Avec lui, le talent del'artiste se disciplina. À sa verve exubérante, Montigny mit comme une cangue le haussecol militaire du Fils de Famille, ce même Fils de Familleque Lafontaine a repris il y a quelque temps à l'Odéon, il lui boutonnason geste du Midi dans la redingote en drap fin du mari de Diane de Lys. Le Bordelais se cabrait, avalait son mors ; mais il sortit de là dompté, assoupli, accompli, et aujourd'hui, quand il parle de son vieux maître, il atoujours les yeux mouillés. Notes sur ParisLes nounousRien de joli au Luxembourg, aux Tuileries, par ces premiers joyeux soleils, par ces premiers frissons de verdure, comme la sortie des bébés etdes nounous de une à deux heures de l'aprèsmidi. En ces coins abrités où elles se donnent toutes rendezvous, les nourrices se promènent par groupes aux rubans flottants ou s'alignent sur deschaises, protégeant le bébé sous le large parasol de doublure rose oubleue au reflet favorable ; et tandis que le poupon, endormi dans sonvoile transparent et la dentelle mousseuse de ses petits bonnets, aspirede tout son être mignon la sève du printemps, Nounou radieuse, reposée, ayant aux lèvres un sourire de perpétuelles relevailles, promène toutautour un regard vainqueur, dresse la tête, rit et jase avec les camarades. Elles sont là cinquante, ces nourrices, toutes en costume de pays, maisle costume affiné, transformé et donnant à la solennité du jardin royalune vieillotte poésie d'opéra comique. manteaux moncler femme
Des coiffures variées et superbes :madras éclatant des Gasconnes et des mulâtresses, coiffes conventuellesdes Bretonnes, énorme et léger papillon noir des Alsaciennes, aristocratique hennin des filles d'Arles, et les hauts bonnets du pays de Caux,ajourés comme des flèches de cathédrales, et, fichées dans des chignonssauvages, les grandes épingles à boules d'or des Béarnaises. L'air est doux, les parterres embaument, une odeur de résine et de mieltombe des bourgeons de marronniers. Làbas, près du bassin, la musiquemilitaire attaque une valse. Nounou s'agite, Bébé piaille, tandis que le petit soldat en promenade devient rouge comme son pompon devant cettehaie de payses qu'il trouve considérablement embellies. Cela, c'est la nourrice de promenade et de parade, costumée et métamorphosée par l'orgueil des parents et six mois de séjour à Paris. Maispour voir la vraie nounou, pour bien la connaître, il faut la surprendre àl'arrivée, dans un de ces établissements étranges qu'on nomme bureauxde placement et où se fait, à l'usage des bébés parisiens affamés d'un laitquelconque, le commerce des femmesmères. doudoune moncler hommme C'est du côté du Jardin desPlantes, au bout d'une de ces rues paisibles, demeurées provinciales enplein Paris, avec des pensions, des tables d'hôte, des maisonnettes à jardinet, peuplées de vieux savants, de petits rentiers et de poules ; sur lafaçade d'un antique logis à grand porche, une enseigne à lettres rosesétale ce simple mot : Nourrices. Devant la porte, par groupes ennuyés, flânent des femmes en guenilles, avec des enfants sur les bras.On entre : un pupitre, un guichetgrillé, le dos de cuivre d'un grandlivre, du monde qui attend sur desbanquettes, l'éternel bureau, le même toujours, également correct etfroid, aux halles comme à la Morgue, qu'il s'agisse d'expédier des pruneaux ou d'enregistrer des cadavres. Ici c'est de la chair vivante qu'ontrafique. Comme on reconnaît en vous des personnes « bien », on vous épargnela banquette d'attente, et vous voici dans le salon. Du papier à fleurs sur les murs, le carreau rouge et ciré comme dansun parloir de couvent, et, de chaque côté de la cheminée, audessus dedeux cylindres de verre recouvrant des roses en papier, les portraits àl'huile et cerclés d'or de Monsieur le Directeur et de Madame laDirectrice. doudoune moncler femme
Monsieur est quelconque : tête d'ancien agent d'affaires ou de pédicurequi a réussi ; Madame, bien en chair, sourit de ses trois mentons dansl'engraissement d'un métier facile, avec ce je ne sais quoi de dur quedonne au visage et au regard le maniement d'un troupeau humain. Quelquefois, c'est une sagefemme ambitieuse ; le plus souvent une anciennenourrice douée du génie des affaires. Un jour, il y a longtemps, elle est venue dans une maison pareille àcelleci, peutêtre dans la même, vendre, pauvre fille de campagne, un ande sa jeunesse avec son lait. Elle a rôdé devant la porte comme les autres,affamée, son enfant au bras ; comme les autres elle a usé la bure de sesjupes sur le banc de pierre.Aujourd'hui les temps ont changé : elle est riche, célèbre. Son village,qui la vit partir en loques, ne parle d'elle qu'avec respect.