52 Si la vie d’doudoune moncler femme

Si la vie d’Albertine avait été vraiment coupable, elle avait dû contenir bien des choses autrement importantes, auxquelles le hasard ne m’avait pas permis de toucher, comme il l’avait fait pour cette conversation sur le peignoir grâce à la rougeur d’Albertine. C’était tout à fait arbitrairement que j’avais fait un sort à cette journée là, que plusieurs années après je tâchais de reconstituer. Si Albertine avait aimé les femmes, il y avait des milliers d’autres journées de sa vie dont je ne connaissais pas l’emploi et qui pouvaient être aussi intéressantes pour moi à connaîtrei; j’aurais pu envoyer Aimé dans bien d’autres endroits de Balbec, dans bien d’autres villes que Balbec. Mais précisément ces journées là, parce que je n’en savais pas l’emploi, elles ne se représentaient pas à mon imagination. Elles n’avaient pas d’existence. Les choses, les êtres ne commençaient à exister pour moi que quand ils prenaient dans mon imagination une existence individuelle. moncler enfant
S’il y en avait des milliers d’autres pareils, ils devenaient pour moi représentatifs du reste. Si j’avais le désir depuis longtemps de savoir, en fait de soupçons à l’égard d’Albertine, ce qu’il en était pour la douche, c’est de la même manière que, en fait de désirs de femmes, et quoique je susse qu’il y avait un grand nombre de jeunes filles et de femmes de chambre qui pouvaient les valoir et dont le hasard aurait tout aussi bien pu me faire entendre parler, je voulais connaître puisque c’était celles là dont Saint Loup m’avait parlé, celles là qui existaient individuellement pour moi la jeune fille qui allait dans les maisons de passe et la femme de chambre de Mme Putbus. Les difficultés que ma santé, mon indécision, ma procrastination , comme disait Saint Loup, mettaient à réaliser n’importe quoi, m’avaient fait remettre de jour en jour, de mois en mois, d’année en année, l’éclaircissement de certains soupçons comme l’accomplissement de certains désirs. Mais je les gardais dans ma mémoire en me promettant de ne pas oublier d’en connaître la réalité, parce que seuls ils m’obsédaient (puisque les autres n’avaient pas de forme à mes yeux, n’existaient pas), et aussi parce que le hasard même qui les avait choisis au milieu de la réalité m’était un garant que c’était bien en eux, avec un peu de réalité, de la vie véritable et convoitée, que j’entrerais en contact. Et puis, un seul petit fait, s’il est certain, ne peut on, comme le savant qui expérimente, dégager la vérité pour tous les ordres de faits semblablesi? Un seul petit fait, s’il est bien choisi, ne suffit il pas à l’expérimentateur pour décider d’une loi générale qui fera connaître la vérité sur des milliers de faits analoguesi? Albertine avait beau n’exister dans ma mémoire qu’à l’état où elle m’était successivement apparue au cours de la vie, c’est à dire subdivisée suivant une série de fractions de temps, ma pensée, rétablissant en elle l’unité, en refaisait un être, et c’est sur cet être que je voulais porter un jugement général, savoir si elle m’avait menti, si elle aimait les femmes, si c’est pour en fréquenter librement qu’elle m’avait quitté. Ce que dirait la doucheuse pourrait peut être trancher à jamais mes doutes sur les mœurs d’Albertine. moncler homme pas cher Mes doutes,! Hélas, j’avais cru qu’il me serait indifférent, même agréable de ne plus voir Albertine, jusqu’à ce que son départ m’ eût révélé mon erreur. De même sa mort m’avait appris combien je me trompais en croyant souhaiter quelquefois sa mort et supposer qu’elle serait ma délivrance. Ce fut de même que, quand je reçus la lettre d’Aimé, je compris que, si je n’avais pas jusque là souffert trop cruellement de mes doutes sur la vertu d’Albertine, c’est qu’en réalité ce n’était nullement des doutes. Mon bonheur, ma vie avaient besoin qu’Albertine fût vertueuse, ils avaient posé une fois pour toutes qu’elle l’était. Muni de cette croyance préservatrice, je pouvais sans danger laisser mon esprit jouer tristement avec des suppositions auxquelles il donnait une forme mais n’ajoutait pas foi. Je me disais. manteaux moncler femme
Elle aime peut être les femmes , comme on se dit. Je peux mourir ce soir i; on se le dit, mais on ne le croit pas, on fait des projets pour le lendemain. C’est ce qui explique que, me croyant, à tort, incertain si Albertine aimait ou non les femmes, et par conséquent qu’un fait coupable à l’actif d’Albertine ne m’apporterait rien que je n’eusse souvent envisagé, j’aie pu éprouver devant le s images, insignifiantes pour d’autres, que m’évoquait la lettre d’Aimé, une souffrance inattendue, la plus cruelle que j’eusse ressentie encore, et qui forma avec ces images, avec l’image hélas, d’Albertine elle même, une sorte de précipité comme on dit en chimie, où tout était indivisible et dont le texte de la lettre d’Aimé, que je sépare d’une façon toute conventionnelle, ne peut donner aucunement l’idée, puisque chacun des mots qui la composent était aussitôt transformé, coloré à jamais par la souffrance qu’il venait d’exciter. MONSIEUR, Monsieur voudra bien me pardonner si je n’ai pas plus tôt écrit à Monsieur. La personne que Monsieur m’avait chargé de voir s’était absentée pour deux jours et, désireux de répondre à la confiance que Monsieur avait mise en moi, je ne voulais pas revenir les mains vides. Je viens de causer enfin avec cette personne qui se rappelle très bien (Mlle A.