35 Dupuis n'y resta doudoune moncler
Dupuis n'y resta pas longtemps. Un jour Fechter, qui tenait dans la maison le même emploi que lui et ne jouait pas davantage, lui dit tout bas dans un coin du foyer : « Si nous filions ?… Onmeurt ici… – Filons, » dit Dupuis, et voilà nos jeunes premiers partispour Londres, pour Berlin, chantant « Je suis Lindor » aux quatre coinsde l'Europe, mal payés, peu compris, applaudis de travers, mais jouant,ayant des rôles, ce que les débutants préfèrent à tout. Deux ans après,vers , nous retrouvons notre comédien au Gymnase, entre les mainsde Montigny, qui le premier comprit ce qu'il y avait à tirer de ce beaugarçon un peu lent, un peu mou, l'assouplit par un travail acharné, descréations multiples et diverses, le grima en vieux, en ouvrier, en raisonneur, en père noble, mit en œuvre toutes ses facilités d'observation, de finesse, de sensibilité, de bonhomie, et cet admirable accent de nature quepersonne n'a comme lui. Après dix ans passés là, au lendemain du grandsuccès du Demimonde dont il avait eu sa belle part, Dupuis se laissa tenter par un engagement en Russie. Il y resta longtemps, trop longtemps, et lorsqu'il nous revint, après dixsept ans d'absence, eut quelquemal à reconquérir son public. C'est l'histoire de tous les revenants duthéâtre Michel. doudoune moncler pas cher
Il faut croire que le diapason n'est pas le même à SaintPétersbourg que chez nous ; on doit parler plus bas, jouer plus discrètement, s'entendre à demimot et ne rien souligner, comme dans un salon,entre gens qui se connaissent et ne sont pas très difficiles. À ce jeulà,qualités et défauts s'estompent, s'atténuent. Nous reconnaissons bien nosartistes, mais la rampe n'a pas l'air montée ; on les voit confusémentcomme à travers une gaze. Le soir du Nabab, par exemple, les vieux Parisiens retrouvèrent leur Dupuis, avec tous ses dons d'autrefois, mêmequelque chose en plus, une largeur d'envergure, une fougue de sangmarseillais dont ce père tranquille ne leur paraissait pas capable. Au lendemain de cette représentation, il n'a tenu qu'à Jansoulet d'entrer à laComédieFrançaise par l'escalier d'honneur ouvert à deux battants et nonplus par la porte dérobée de ses débuts ; mais l'ancien élève de Samson agardé ses goûts d'indépendance, sa libre humeur des premiers jours, etl'administration de la rue Richelieu n'ayant pas cru devoir se plier à sesexigences, le Vaudeville a eu la bonne fortune de conserver son acteur. La FontaineHenri Thomas, dit Lafontaine, est né à Bordeaux aux premiers jours del'hégire romantique. http://www.monclerpaschere.biz/ Dans le Midi français, Bordeaux tient une place àpart. Ancré aux bords de l'Atlantique, son beaupré tourné vers les Indes,il est le Midi créole, le Midi des îles, exaspéré, qui, à la fougue imaginative, à la vivacité de parole et d'impression des peuples d'outreLoire,joint un immodéré besoin d'aventures, de courses, d'escampette.CeBordeauxlà joue un grand rôle dans l'existence et le génie de notre comédien. « Nous en ferons un prêtre ! » disait sa mère, une vraie mamande làbas, catholique jusqu'au délire ; mais à peine au séminaire, le Bordelais saute pardessus les murs, troque sa soutane contre une blouse etcommence à travers champs le voyage du Petit ChaperonRouge, tout enzigzags et en caprices, jusqu'à ce que le loup, un loup à baudrier jaune etchapeau de gendarme, l'arrête et lui demande ses papiers. Ramené chezlui de brigade en brigade, on veut qu'il rentre au séminaire. « Ça, jamais. sold moncler homme
– Alors, vaurien, embarque pour les îles ! » Et voilà bien une colère deparents du Midi : « Il ne veut pas être curé… Zou ! Nous allons en faireun mousse ». Trois mois de gourganes et de viandes salées, dans lamouillure et le vent de mer, guérirent le jeune échappé de ses velléitésvoyageuses, sans lui donner pourtant le goût de la tonsure. À son retourde l'île Bourbon, il essaya de vingt métiers, fut tour à tour menuisier, serrurier, revendeur d'une infinité de choses, coucha sur la dure, se nourritde vache enragée, allant devant lui au gré de sa jeunesse et du fol instinctbordelais, sans but, mais les yeux ouverts et déjà une mémoire d'artiste.Le voici à Paris, placier chez un libraire, arpentant les rues, grimpant lesétages, marchand de littérature et de science, l'esprit meublé de titres etde prospectus, faisant l'article pour des livres qu'il n'a pas le temps delire, mais qui lui laissent tout de même un peu de phosphore aux doigts ;tenace, insinuant, éloquent, irrésistible, un placier comme la maison Lachâtre n'en avait jamais vu.Puis, un soir il entre à la PorteSaintMartin,voit Frédérick et sent ce coup au cœur que connaissent seuls les amoureux et les artistes. Il plante là bouquins et revues, et s'en va frapper chezSevestre, le gros père Sevestre, gouverneur général des théâtres de labanlieue.