34 Pour la comédienne, doudoune moncler

Pour la comédienne, l'arrachement est encore plus cruel.Chez elle, la coquetterie s'accroît et s'exaspère d'un désir de gloire. Aussi,la plupart des actrices ne veulent jamais finir, n'ont pas le courage de semettre une bonne fois devant leur glace et de se dire : « J'ai bien mon âge,aujourd'hui ». Celleslà sont vraiment à plaindre. Elles ont beau lutter, s'accrocherdésespérément aux lambeaux défleuris de la couronne tombée, ellesvoient le public s'éloigner d'elles, l'admiration remplacée parl'indulgence, puis par la pitié, et, ce qui est plus navrant que tout, parl'indifférence. Grâce à son esprit, grâce à sa fierté, la grande et vaillante ArnouldPlessy n'a pas attendu cette heure désolante. doudoune moncler femme
Ayant encore quelques années devant elle, elle a préféré disparaître en pleine gloire, comme un deces beaux soleils d'octobre qui plongent sous l'horizon brusquement plutôt que de traîner leur agonie lumineuse dans un vague et lent crépuscule. Sa réputation y aura gagné ; mais nous y aurons perdu les bellessoirées qu'elle pouvait nous donner encore. Avec elle, Marivaux est parti,et le charme de son art merveilleux, de cette phrase chatoyante et papillonnante qui a l'ampleur capricieuse d'un éventail déployé aux lumières. Toutes ces belles héroïnes qui s'appellent comme des princessesde Shakespeare, et qui ont quelque chose de leur élégance éthérée, sontrentrées dans le livre ; on les évoque, elles ne viennent plus. Finis aussices jolis jeux d'esprit et de langage, ces causeries un peu maniérées, unpeu alambiquées, mais si françaises, comme Musset en a tant écrit, badinages charmants qui appuient sur le rebord d'une table à ouvrageleur coude chargé de dentelles traînantes et tous les caprices souriants del'oisiveté amoureuse. Tout cela est mort maintenant ; on ne sait plus causer, marivauder au théâtre. moncler pas cher C'est une tradition perdue, depuisqu'ArnouldPlessy n'est plus là. Et puis, à côté de l'artiste d'étude et deméthode, de la fidèle interprète des traditions de l'art français, il y avaitdans cette excellente comédienne un talent original et chercheur, soitqu'elle se prît aux grandes créations tragiques comme dans cette Agrippine qu'elle jouait d'une façon si accentuée, bien plus selon Suétone queselon Racine, soit qu'elle créât en pleine vie moderne, en plein art réaliste, la Nany du drame de Meilhac, paysanne ignorante et mère passionnée.Je me souviens surtout d'une scène où, pour exprimer les mille sentiments confus qui se heurtaient dans son âme ambitieuse et jalouse, Nany, inculte, bègue, cherchant ses mots, avait un élan de rage folle contreellemême et râlait en meurtrissant de coups sa poitrine : « Ah ! Paysanne… Paysanne !… ». L'actrice disait cela à faire frissonner toute lasalle. Notez que des cris pareils, des mouvements de cette vérité, ce n'estpas la tradition, ce n'est pas l'école qui les donne, mais la vie longtempsétudiée, regardée et sentie. Et n'estce pas un beau triomphe, la preuved'un admirable pouvoir de création, qu'un drame sombre comme Nany,joué à peine une dizaine de fois, reste éternellement dans l'esprit et lesyeux de ceux qui l'ont vu, parce que Mme ArnouldPlessy en a interprétéle principal personnage. manteaux moncler homme
Adolphe DupuisAdolphe Dupuis est le fils de Rose Dupuis, sociétaire de la ComédieFrançaise, retirée du théâtre depuis et morte il y a seulementquelques années. Malgré un talent très réel et des succès chèrementconquis à côté de Mlle Mars, l'excellente femme gardait rigueur à son ancien métier ; et, lorsqu'au sortir du collège Chaptal, où il avait fait d'assezmédiocres études, sur le même banc qu'Alexandre Dumas fils, Dupuisparla d'être comédien, la mère s'y opposa de toutes les forces de sa tendresse. Mais on sait ce que vaut le « jamais » de la femme qui aime, etcellelà aimait passionnément son grand fils. Au Conservatoire, l'élève neréussit guère mieux qu'à Chaptal ; non certes que l'intelligence lui fît défaut, il en avait trop au contraire, mais de celle que l'école n'admet pas,cette intelligence aiguisée, personnelle, qui raisonne dans le rang et veutsavoir pourquoi le commandement de « tête à droite » quand c'est àgauche qu'il faut aller.En pleine classe, l'écolier discutait les idées de sonmaître, Samson, s'insurgeait contre cette façon de préparer, de ressasserle concours avec le professeur, au lieu de laisser un peu d'initiative àl'élève ; il demandait pour l'examen un morceau déchiffré à livre ouvert,non pas appris, « seriné » dix mois d'avance, et réclamait enfin commeplan général d'étude une place plus large à la nature, au détriment de latradition. Pensez si le vieux Samson devait bondir à ces théories subversives ; malgré tout il se sentait de la sympathie pour le fils de son ancienne camarade, ce jeune révolté au sang calme, au sourire bon enfant,et il le fit entrer à la ComédieFrançaise, comme cinquième ou sixièmeamoureux de répertoire.